Un praticien ouvre un catalogue de compléments avec, en tête, deux ou trois laboratoires qu'il connaît. Il connaît leurs formes galéniques, leurs dosages, la tolérance de ses patients à leurs formules. Ce n'est pas de la préférence de marque, c'est de l'expérience clinique accumulée. Et quand l'un de ces laboratoires n'est pas référencé, la question n'est pas « quel autre produit prendre » mais « est-ce que je continue à travailler sur cet outil ».
Pourquoi aucun catalogue ne sera jamais complet
Simplycure référence aujourd'hui 4 500 produits issus de 250 laboratoires. Il en existe près de 400 en Europe. Référencer un laboratoire n'est pas une opération technique : c'est un accord commercial, une vérification de conformité, une intégration logistique. Certains laboratoires ne vendent pas via des plateformes. D'autres ne distribuent pas dans tous les pays. D'autres encore n'ont simplement jamais entendu parler de nous.
Autrement dit : le trou dans le catalogue n'est pas un bug qu'on finira par corriger. C'est une propriété permanente du métier. La seule question qui vaille est donc : que se passe-t-il quand un praticien tombe dedans ?
Le vrai problème n'est pas le manque, c'est le silence
Un praticien qui ne trouve pas un produit a deux options mauvaises : renoncer à la marque qu'il connaît, ou sortir de l'outil pour construire sa recommandation ailleurs. Dans les deux cas, la valeur de la plateforme s'effondre au moment précis où elle devait servir.
Une troisième option existe : demander. Mais demander n'a de sens que si quelque chose revient. Une demande sans accusé de réception, sans statut, sans réponse même négative, c'est une boîte noire. Et une boîte noire, on cesse d'y mettre des choses.
L'erreur qu'on a faite
Simplycure avait une fonctionnalité de demande de produits, très utilisée. Elle nous servait à comprendre ce dont les praticiens avaient réellement besoin. En janvier, nous l'avons remplacée par la création de produits personnalisés : le praticien crée lui-même le produit manquant et le prescrit immédiatement, son patient l'achète sur le site du laboratoire.
Sur le papier, c'était un progrès : plus d'attente, plus de validation. Nous avons posé l'hypothèse qu'une création de produit valait une demande, et qu'elle remonterait donc automatiquement en interne.
L'hypothèse était fausse. Le volume de demandes a baissé, non pas parce que les praticiens avaient moins de besoins, mais parce que rien n'indiquait plus qu'ils étaient en train de demander quelque chose. Nous avons gagné en rapidité immédiate et perdu notre meilleure source d'information sur le catalogue.
Ce qui existe depuis août 2026
La demande de produits est de retour, avec ce qui lui manquait. Depuis le catalogue, un bouton « Demander un produit manquant » ouvre un formulaire court : laboratoire, nom du produit, et si vous l'avez, le prix et le lien vers la page produit. Il s'agit exclusivement de compléments alimentaires : ni médicaments, ni dispositifs sur ordonnance.
Dès l'envoi, Simplycure remonte les produits déjà référencés qui s'approchent le plus de la demande : même actif, forme comparable, dosage équivalent. Ce ne sont pas des recommandations cliniques : ce sont des rapprochements sur des critères objectifs de composition. Le praticien compare et tranche.
Si aucune alternative ne convient, la demande est maintenue. Elle part vers l'équipe catalogue, qui ouvre la discussion avec le laboratoire. En parallèle, le produit est créé dans les produits personnalisés du praticien : il est prescriptible immédiatement. Personne n'attend.
Enfin, un onglet de suivi affiche l'état de chaque demande. En traitement, ajoutée au catalogue, ou non retenue. C'est la partie la moins spectaculaire et la plus importante : elle transforme une boîte noire en boucle.
Ce que ça change pour le catalogue
Une demande de produit est le signal le plus qualifié qui existe dans notre métier : un professionnel de santé qui prescrit déclare nommément ce qu'il veut prescrire. Agrégées, ces demandes deviennent un argument concret auprès d'un laboratoire : un nombre de praticiens, des volumes de prescription attendus, des zones géographiques.
C'est une inversion utile. Un catalogue construit par un service achats reflète les accords qu'on a pu signer. Un catalogue construit à partir des demandes des praticiens reflète ce qui est réellement prescrit. Le second est plus difficile à constituer et beaucoup plus dur à copier.
Ce que ça ne fait pas
Une demande n'est pas une garantie. Nous ouvrons une discussion, nous ne signons pas à la place du laboratoire. Nous ne nous engageons sur aucun délai, parce qu'un délai que nous ne contrôlons pas ne vaut rien. Et les alternatives proposées ne remplacent aucun raisonnement clinique : elles rapprochent des compositions, rien de plus. Le jugement clinique reste au praticien.


