La nutrithérapeute Clara Materne présente le cas d’une patiente de 37 ans suivie pour SOPK et désir de grossesse. Les bilans révèlent hyperandrogénie, hyperprolactinémie, hypothyroïdie légère et insulinorésistance débutante. Sa prise en charge associe régulation hormonale (gatillier, alchémille, yam, sauge, houblon), correction métabolique (berbérine, chrome, zinc, ALA), soutien thyroïdien et rééquilibrage intestinal. L’approche vise à restaurer une ovulation physiologique sans stimulation artificielle. Les cycles se régularisent, la vitalité s’améliore et une grossesse spontanée survient.

Restaurer l’ovulation sans stimulation hormonale, c’est possible. Dans ce webinaire organisé par Simplycure en collaboration avec Biforme-Santé, Clara Materne, nutrithérapeute à Liège, choisit de ne pas parler théorie, mais terrain.

Plutôt qu’un exposé biomédical sur le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK), elle partage un cas clinique réel, suivi au cabinet, pour illustrer comment une approche fonctionnelle permet de restaurer l’ovulation et de soutenir la fertilité1.

Le SOPK, explique-t-elle, est toujours multifactoriel. “La clé, c’est de remonter aux causes des causes : pourquoi cette femme n’ovule-t-elle pas ?”

Tout le raisonnement de cet article se construit autour de cette question. Et de ses réponses.

Le point de départ : une patiente en quête d’équilibre

Clara Materne présente une patiente de 37 ans, diagnostiquée SOPK depuis plusieurs années, qui consulte avec un désir de grossesse après une fausse couche en 2023.

Son profil est typique de nombreuses femmes rencontrées en pratique : cycles irréguliers, fatigue persistante, prise de poids, acné dorsale, pilosité abdominale et sensation de froid constante.

Les antécédents familiaux (diabète, surpoids, troubles intestinaux) orientent déjà vers un terrain métabolique particulier.

La patiente se montre très investie : elle suit une alimentation saine, pratique du sport trois fois par semaine et observe son cycle grâce à la méthode Sensiplan.

Cette observation fine révèle des cycles de 28 à 40 jours, une phase lutéale correcte, mais un spotting prémenstruel, souvent révélateur d’un déficit en progestérone2.

Les analyses : comprendre les leviers de la disovulation

Les bilans confirment la complexité du terrain :

TSH à 2,4 mUI/L, malgré un léger traitement thyroïdien ;

œstradiol trop bas à J3 (28 pg/mL) ;

prolactine élevée (60 ng/mL) ;

SHBG diminuée, traduisant un excès de testostérone libre ;

HOMA = 2, signe d’une insulinorésistance débutante ;

vitamine D insuffisante.

Pour la praticienne, ces marqueurs dessinent quatre grandes causes de disovulation : hypothyroïdie, hyperandrogénie relative, hyperprolactinémie et hypoestrogénie.

Chacune entretient un cercle vicieux : la résistance à l’insuline fait baisser la SHBG, la SHBG basse augmente les androgènes, les androgènes bloquent l’ovulation, la mauvaise ovulation limite la progestérone, et ainsi de suite.

Comme le souligne Clara Materne : “Le SOPK, ce sont des boucles auto-aggravantes. On ne peut pas traiter une seule porte d’entrée, il faut agir sur toutes.”

La stratégie thérapeutique : restaurer les cycles, pas les forcer

L’objectif du protocole est simple : rétablir une ovulation fonctionnelle, en soutenant chaque phase du cycle et en corrigeant les leviers métaboliques et hormonaux impliqués.

La nutrithérapeute aborde cette restauration de manière systémique, en agissant à la fois sur la progestérone, les œstrogènes, la prolactine, l’insuline et la thyroïde.

Objectif physiologiqueActions / leviers utilisésEffets attendus1. Soutenir la phase lutéale- Plantes progestérone-like : gatillier, alchémille, yam
- Huile de bourrache riche en GLA- Stimulation de la progestérone
- Régulation de l’axe hypothalamo-hypophysaire
- Effet anti-prolactine et anti-inflammatoire2. Relancer la phase folliculaire- Sauge et houblon (hors contre-indication hormonodépendante)- Stimulation de la montée œstrogénique et du pic de LH
- Soutien de la croissance folliculaire
- Effet sédatif du houblon sur les profils anxieux3. Diminuer la prolactine- Gatillier en teinture-mère (≈ 25 gouttes/jour)
- Contrôle biologique répété- Normalisation de la prolactine
- Rétablissement du dialogue hypothalamo-ovarien
- Soutien de la sécrétion progestéronique4. Corriger la résistance à l’insuline- Alimentation à index glycémique bas - Activité physique régulière
- Synergie berbérine – cannelle – chrome – zinc – ALA- Diminution de l’hyperinsulinémie
- Réduction de la stimulation androgénique ovarienne
- Objectif : HOMA < 1,55. Réévaluer la thyroïde- Ajustement des apports en iode, sélénium, zinc
- Suivi TSH/T4/T3 rapproché- Amélioration de la SHBG
- Réduction de la prolactine
- Meilleure sensibilité à l’insuline

Cette approche progressive, précise et individualisée permet de sortir des protocoles standardisés pour construire une réponse sur mesure à la physiologie de chaque patiente, condition indispensable à la restauration durable de l’ovulation.

L’intestin, maillon oublié du SOPK en fertilité

À la deuxième consultation, la patiente présente une dysbiose avec suspicion de SIBO mixte (H₂S + méthane).

Les tests respiratoires, mal encadrés à l’hôpital, confirment néanmoins une fermentation précoce dans l’intestin grêle3.

Clara Materne opte alors pour une stratégie progressive :

soutien hépatique préalable (desmodium, chardon-marie, chrysanthellum) ;

traitement antimicrobien doux (acide caprylique, origan, feuilles d’olivier) ;

diète pauvre en soufre pendant trois semaines ;

stimulation biliaire et enzymatique via pissenlit et réglisse (anti-androgénique).

L’objectif n’est pas de “nettoyer”, mais de réduire l’inflammation systémique et de favoriser l’équilibre hormonal.

L’évolution : du rééquilibrage, à la grossesse

Au fil des semaines, la patiente rapporte une amélioration nette de sa vitalité, des troubles digestifs en recul et un cycle plus régulier.

Puis, quelques mois plus tard, une grossesse spontanée est confirmée.

Le protocole est alors allégé : arrêt de la berbérine, des plantes hormonales et des antimicrobiens ; maintien d’un suivi thyroïdien étroit et introduction d’une progestérone bio-identique prescrite par le médecin4.

Pour soutenir la sphère intestinale pendant la grossesse, la nutrithérapeute privilégie des probiotiques ciblés et du butyrate, compatible avec la gestation.

Restaurer l’ovulation, restaurer la confiance : ce que ce cas enseigne

À travers ce cas, Clara Materne montre que le traitement du SOPK ne se limite pas à “régulariser les cycles”, mais à redonner aux femmes la possibilité d’ovuler naturellement.

Ce n’est pas un trouble uniquement ovarien, mais un déséquilibre global : endocrinien, métabolique, inflammatoire et intestinal.

L’approche fonctionnelle permet d’agir sur chaque maillon, sans jamais déconnecter la clinique de la biologie.

Quelques enseignements clés :

toujours dater les bilans hormonaux (J3 pour la base, J+7 post-ovulation pour la progestérone) ;

considérer la SHBG comme un marqueur pivot de l’hyperandrogénie ;

associer phyto, micronutrition et hygiène de vie plutôt que les opposer ;

adapter la prise en charge en phase de grossesse pour protéger la mère et le fœtus.

Une approche qui demande du temps, de la précision et une vraie collaboration entre praticiens.

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