Le cycle, un signe vital à part entière
Selon Laurène Sindicic, le cycle menstruel ne se limite pas à la fertilité : il renseigne sur l'état de santé global. Elle rappelle qu'il est aujourd'hui considéré comme un cinquième signe vital par l'association des gynécologues américains, au même titre que la tension, la température ou le rythme cardiaque.
Un cycle équilibré donne déjà plusieurs repères : une durée de 21 à 35 jours, moins de 7 jours d'écart d'un cycle à l'autre, des règles de 2 à 7 jours, des douleurs légères à modérées, une glaire qui évolue progressivement et une phase lutéale suffisamment longue.
Comprendre la mécanique hormonale
Le cycle démarre dans le cerveau : l'hypophyse pilote les ovaires via la FSH et la LH. Laurène Sindicic en distingue trois temps.
Phase folliculaire
Les œstrogènes montent, les follicules grossissent, l'un d'eux devient dominant.
Ovulation
Le follicule dominant libère l'ovule. Chez certaines femmes, ce moment s'accompagne d'une douleur du milieu de cycle, appelée Mittelschmerz.
Phase lutéale
Le corps jaune sécrète la progestérone, qui prépare l'endomètre. Elle dure en général 11 à 16 jours ; en dessous de 10 jours, l'intervenante invite à creuser.
Le rôle des œstrogènes et de la progestérone
Les œstrogènes épaississent l'endomètre. La progestérone, elle, le stabilise, assèche la glaire, fait légèrement monter la température et apaise le système nerveux. D'après Laurène Sindicic, un manque de progestérone se traduit souvent par des règles abondantes, des caillots, du spotting, un syndrome prémenstruel marqué, un retour de glaire après l'ovulation ou une phase lutéale trop courte.
Les trois biomarqueurs de la symptothermie
La symptothermie repose sur des signes observables au quotidien, lus de façon croisée.
La glaire cervicale
Produite par le col sous l'effet des œstrogènes, elle évolue d'une texture sèche vers une glaire de type blanc d'œuf, très étirable, signe de haute fertilité. Cette glaire fertile peut, selon l'intervenante, maintenir les spermatozoïdes en vie jusqu'à cinq jours.
La température basale
La progestérone élève la température d'environ 0,3 degré, d'où une courbe biphasique. Laurène Sindicic insiste : la température confirme l'ovulation, elle ne la prédit pas.
Le col de l'utérus
Bas, fermé et dur en période infertile ; haut, mou et entrouvert en période fertile.
Ce que le cycle révèle sur la santé
Lu attentivement, le cycle oriente vers plusieurs déséquilibres. Des règles abondantes ou des caillots évoquent une progestérone insuffisante ; un syndrome prémenstruel fort, une chute de progestérone ou un déséquilibre œstrogènes/progestérone ; des températures basales basses peuvent, si le contexte le justifie, faire évoquer une hypothyroïdie. Une aménorrhée signale souvent un manque de ressources : déficit calorique, sport intense ou stress important.
Progestérone, stress et cortisol
Laurène Sindicic rappelle que la progestérone et le cortisol partagent un précurseur commun, la pregnénolone. Quand l'organisme mobilise beaucoup de ressources pour produire du cortisol, il en reste moins pour la progestérone. Le cycle est d'ailleurs souvent la première fonction mise en pause quand le corps arbitre entre plusieurs priorités.
Pistes évoquées pour soutenir la progestérone
Parmi les leviers cités par l'intervenante : travailler sur la qualité de l'ovulation, soutenir l'hygiène de vie, réduire le stress, recourir à certaines plantes et, selon les besoins, envisager des hormones bio-identiques dans un cadre d'accompagnement adapté. Les deux plantes qu'elle cite comme les plus connues pour soutenir la progestérone sont l'alchémille et le gattilier, ce dernier demandant plus de précaution car il agit sur l'hypophyse.
Hyperœstrogénie et xéno-œstrogènes
L'hyperœstrogénie peut venir d'un excès d'œstrogènes, d'une insuffisance relative en progestérone, ou de l'exposition aux xéno-œstrogènes présents dans certains perturbateurs endocriniens. Le travail porte alors sur la réduction de l'exposition, l'aide à la réduction de l'excès d'œstrogènes et le soutien de la progestérone.
Fiabilité : contraception et désir de grossesse
Selon Laurène Sindicic, correctement enseignée et appliquée, la symptothermie afficherait une fiabilité de 98,2 % en contraception. En désir de grossesse, elle aide à cibler la fenêtre fertile sans multiplier inutilement les rapports, un spermatozoïde pouvant survivre plusieurs jours.
Des cycles irréguliers restent lisibles
La symptothermie repose sur l'observation au jour le jour, pas sur la prédiction. Elle garde donc son intérêt même quand le stress, la chaleur ou la fatigue modifient le cycle. Dans cette logique, l'intervenante parle d'ailleurs de retard d'ovulation plutôt que de retard de règles.
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