Pour aider à traiter naturellement la ménopause, Marine Dodet et Coraline Ulmer (Nutri&Co) recommandent d’ optimiser l’hygiène de vie, d’intégrer des phytoœstrogènes et de soutenir la conversion en équol par un travail sur le microbiote, de cibler les symptômes persistants avec des solutions naturelles appropriées, et de prévenir les effets à long terme grâce à la vitamine D, au calcium, au magnésium, aux oméga-3 et au coenzyme Q10. Les protocoles doivent être personnalisés selon le profil et les priorités cliniques de chaque patiente.

Bouffées de chaleur qui perturbent le sommeil, sécheresse vaginale qui altère la qualité de vie, moral en dents de scie… En quête d’un traitement naturel pour la ménopause pour accompagner vos patientes au mieux ?

Lors de ce webinaire Simplycure, Marine Dodet et Coraline Ulmer (Nutri&Co) montrent comment la recherche éclaire aujourd’hui la ménopause, quels symptômes méritent une attention prioritaire, et comment bâtir un traitement naturel, sans hormones, efficace.

Retrouvez ici leurs recommandations actionnables, personnalisables, afin de construire des prises en charge complètes, adaptées à chaque patiente.

Comprendre la ménopause pour mieux la prendre en charge

Un rappel rapide s’impose : non pas pour revenir sur ce que vous savez déjà, mais pour replacer le contexte hormonal qui conditionne la pertinence d’un traitement naturel.

La ménopause résulte de l’épuisement du stock folliculaire et de la baisse durable des œstrogènes et de la progestérone, régulées par l’axe hypothalamo-hypophyso-ovarien. Elle s’accompagne d’un impact sur de nombreux systèmes (vasomoteur, génito-urinaire, osseux, cardiovasculaire).

Les symptômes fréquents de la ménopause à prendre en compte

Beaucoup de signes apparaissent déjà en périménopause, phase de transition précédant l’arrêt complet des cycles, et méritent d’être différenciés de la ménopause confirmée. Pour en savoir plus, voir notre article sur la périménopause.

En pratique, les manifestations de la ménopause se regroupent en 3 grands ensembles :

Symptômes à court terme : bouffées de chaleur, sueurs nocturnes, troubles du sommeil.

Symptômes intermédiaires : sécheresse vaginale, baisse de libido, troubles urinaires, anxiété, prise de poids.

Symptômes à long terme : fragilité osseuse, douleurs articulaires, risque cardiovasculaire accru.

Selon le profil et les priorités cliniques, l’accompagnement naturel visera soit à cibler un symptôme dominant, soit à agir simultanément sur plusieurs axes.

Les 4 étapes du traitement naturel pour la ménopause

Pour être efficace, un traitement naturel pour la ménopause doit être construit comme un protocole complet : agir sur les causes, soulager les symptômes, et protéger la santé à long terme.

Étape 1 : Optimiser l’hygiène de vie

Avant de penser compléments, réflexe habituel, mais toujours nécessaire : optimiser l’hygiène de vie. À recommander à vos patientes :

Activité physique régulière : 150 min/semaine d’effort modéré à intense, alternant cardio et renforcement.

Gestion du stress : yoga, méditation ou relaxation (impact documenté sur sommeil1 et symptômes climatériques2).

Alimentation : limiter sucres, ultra-transformés et graisses saturées ; privilégier protéines, calcium + vitamine D, oméga-3, hydratation optimale.

Bouger, mieux gérer le stress et ajuster l’alimentation peuvent déjà atténuer les symptômes, donnent à la patiente un rôle actif dans sa prise en charge… et préparent le terrain pour la nutraceutique.

Étape 2 : Agir sur les causes avec la phytothérapie

Pour réduire l’impact du déficit hormonal, l’option naturelle la plus documentée reste les phytoœstrogènes, des composés végétaux à la structure proche de celle des hormones féminines.

Sources principales : soja, trèfle rouge, légumineuses, graines de lin.

Bien que leur effet soit plus modéré que celui des hormones endogènes, ils peuvent contribuer à diminuer les bouffées de chaleur, améliorer la lubrification vaginale et soutenir l’humeur.

Pourquoi la phytothérapie est souvent sous-exploitée

En Europe, les apports alimentaires moyens sont très faibles (< 1 mg/jour), contre 25–50 mg/jour au Japon, où les symptômes vasomoteurs sont nettement moins fréquents3.

L’efficacité dépend aussi de la capacité à convertir ces molécules en équol, leur forme biologiquement active, une capacité présente seulement chez 30 à 50 % des femmes occidentales4.

En pratique pour maximiser l’effet sur la ménopause

Introduire quotidiennement des sources de phytoœstrogènes dans l’alimentation (tofu, tempeh, pois chiches, lentilles, graines de lin).

Associer, si besoin, des extraits standardisés (ex. trèfle rouge à 80 mg d’isoflavones/jour) pour atteindre un apport efficace.

Optimiser la conversion en équol par un travail sur le microbiote : fibres (25–30 g/jour), prébiotiques, probiotiques ciblés (ex. Lactobacillus spp. et Bifidobacterium spp.).

Étape 3 : Soulager les conséquences symptomatiques

Même en travaillant sur les causes, certaines manifestations nécessitent un soutien ciblé. Là encore, les solutions naturelles peuvent être efficaces, à condition de choisir le bon actif pour le bon symptôme.

Symptôme prioritaireProtocole naturel recommandéPrécautionsBouffées de chaleur / sueurs nocturnes

• Complexe ménopause : trèfle rouge standardisé en isoflavones 20 % (60 mg/jour), fénugrec breveté Libiphyne®, actée à grappes.

Cure de 1 à 3 mois renouvelable.

Déconseillé en cas d’antécédent personnel ou familial de cancer du sein hormono-dépendant.Sécheresse vaginale

• Acide hyaluronique oral multi-poids moléculaires (200 mg/jour)

• Huiles de bourrache et d’onagre.

Cure de 1 à 3 mois.

Prudence en cas d’allergie connue aux plantes sources d’huile.Baisse de libidoAssociation phytoœstrogènes (posologie ci-dessus) + safran titré en crocine et safranal (30 mg/jour).Même précautions que pour les phytoœstrogènes.Infections urinaires récidivantes

• Cranberry titré en PACs (≥ 36 mg/jour)

• D-mannose (1,5 à 2 g/jour)

• Probiotiques vaginaux (L. crispatus, 1 gélule/jour).

Cure de 1 à 3 mois.

Prudence avec D-mannose en cas de diabète.Troubles du sommeil• Phytoœstrogènes + plantes sédatives douces (passiflore, mélisse) selon posologie produit, prise le soir.Prudence avec la mélisse en cas d’hypothyroïdie non équilibrée.Douleurs articulaires

• Collagène hydrolysé (5 à 10 g/jour) + complexes chondroprotecteurs (glucosamine, chondroïtine).

Cure ≥ 3 mois.

Prudence en cas d’allergie au poisson ou aux crustacés selon l’origine.

Étape 4 : Prévenir les effets à long terme

En postménopause, le déficit hormonal s’installe, augmentant le risque d’ostéoporose, de fractures et de pathologies cardiovasculaires. Là encore, des mesures simples et naturelles peuvent protéger la santé sur la durée :

Risque cibléProtocole naturel recommandéPrécautionsFragilité osseuse

• Vitamine D3 végétale (2000 UI/jour, toute l’année)

• Calcium (500-1000 mg/jour selon apport alimentaire)

• Magnésium (300-400 mg/jour)

Adapter le calcium selon les apports. Surveillance en cas d’insuffisance rénale.Usure articulaire

• Collagène hydrolysé (5 à 10 g/jour, cure ≥ 3 mois)
• Complexes chondroprotecteurs (glucosamine, chondroïtine)

• Oméga-3 (1000-2000 mg/jour d’EPA+DHA).

Prudence avec anticoagulants (oméga-3). Allergie possible au poisson/crustacés.Risque cardiovasculaire

• Oméga-3 (1000-2000 mg/jour d’EPA+DHA)

• Coenzyme Q10 (100-200 mg/jour, avec repas gras).

Prudence avec anticoagulants. Interaction possible CoQ10 avec certains antihypertenseurs.

Traiter les symptômes de la ménopause avec un protocole sur mesure, patiente par patiente

Vous l’aurez compris, un traitement naturel pour la ménopause efficace n’est pas figé : il combine hygiène de vie, phytothérapie ciblée, et soutien symptomatique, tout en intégrant la prévention à long terme. Et surtout, il s’adapte à chaque patiente, à ses symptômes personnels, et à leur évolution.

Avec Simplycure, vous disposez d’outils et de formulations validées pour construire ces protocoles sur mesure et en assurer le suivi. Découvrez notre catalogue ou contactez-nous pour découvrir comment intégrer ces solutions à votre pratique !

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