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Agents IA en cabinet : comment François Benavente rédige ses bilans sans prendre de notes

Rédiger le bilan, relancer le client, retrouver ce qu'on lui a envoyé, faire la facture : autour de chaque consultation, le travail administratif mange un temps considérable. Lors du webinaire Simplycure du 14 octobre 2026, François Benavente, naturopathe et cofondateur de RucheLab, a montré à l'écran comment il délègue une partie de ce travail à des agents IA, avec Mathieu Olivier, cofondateur de RucheLab. Son principe : l'IA ne remplace pas le praticien, elle lui rend du temps de présence. Et rien de nominatif ne part vers un modèle d'IA sans avoir été pseudonymisé sur son ordinateur.
François Benavente, webinaire Simplycure sur les agents IA en cabinet
  • Selon François Benavente, l'IA est une trousse à outils « à la hauteur de vos compétences » : elle prend en charge l'avant et l'après consultation, le praticien garde la main sur 100 % du travail en relisant et en validant.
  • Pendant la séance, il ne prend plus de notes : la consultation est enregistrée avec l'accord du client, puis transcrite, et il reste entièrement dans son anamnèse.
  • Avant tout envoi vers un modèle, le transcript est pseudonymisé en local à partir de la liste de patients du praticien : la cliente devient « Madame BQ76 », et les noms sont rétablis seulement dans le brouillon final.
  • Le second cerveau, des fichiers markdown locaux qui rassemblent ses bilans, ses fiches et sa façon d'écrire, permet à l'IA de rédiger un bilan dans sa voix, prêt à relire.
  • Point de vigilance rappelé par Mathieu Olivier : les versions gratuites des outils d'IA peuvent réutiliser vos échanges pour entraîner leurs modèles, contrairement aux offres professionnelles encadrées par un accord de traitement des données.

Des outils à la hauteur de vos compétences

François Benavente part d'une scène vécue cette semaine-là, en consultation chez des médecins : des praticiens très compétents qui griffonnent sur un bout de papier, se tournent vers l'ordinateur, demandent d'attendre pendant qu'ils prennent une note. « Il a 30 minutes, mais il n'a pas des outils à la hauteur de ses compétences. » C'est la phrase qu'il demande de retenir.

Pour lui, l'intelligence artificielle n'est pas là pour remplacer l'humain mais pour en remettre dans la consultation. Le temps perdu se trouve avant et après la séance : les factures, les notes à reprendre quand un client revient, la question « qu'est-ce que je lui ai envoyé ? ». Son objectif : automatiser l'essentiel de ce travail périphérique, tout en gardant la main sur chaque document par la relecture.

Agent 1 : l'employé numérique

Le premier outil prend en charge la relation autour du rendez-vous. Sur le site de François Benavente, la réservation d'une consultation passe par l'acceptation de conditions qui couvrent l'usage de l'IA et l'enregistrement. Le client reçoit ensuite un premier mail individualisé, construit avec les informations disponibles : le lien de la visio, l'information sur l'enregistrement, et une invitation à partager ses traitements en cours, ses analyses ou ce qu'il souhaite dire avec ses propres mots.

Ce n'est pas un copier-coller : François Benavente dispose d'une trentaine de trames de mails dans son style, que l'outil adapte au client.

Pseudonymiser avant d'envoyer quoi que ce soit à l'IA

C'est le cœur de la démonstration. Pendant la séance, une application installée sur l'ordinateur du praticien enregistre la consultation puis la transcrit. Avant que le texte ne parte vers un modèle comme Claude ou ChatGPT, il est pseudonymisé sur la machine.

Mathieu Olivier précise le mécanisme : le praticien fournit sa liste de patients (un fichier CSV exporté de son outil ou une saisie manuelle). L'application la conserve en local et crée une table de correspondance avec des pseudonymes. Quand un nom est ambigu, elle pose la question : patient, proche, autre personne citée ? À l'écran, une cliente devient « Madame BQ76 », un médecin cité « Docteur TJ39 ». Selon Mathieu Olivier, ces pseudonymes ne modifient en rien la qualité du retour de l'IA, ils garantissent seulement que la confidentialité est préservée. La même logique s'applique aux PDF d'analyses fonctionnelles, lus par OCR en local puis débarrassés de tout élément nominatif.

Le praticien utilise ensuite le modèle de son choix, avec ses propres clés d'API. Les données ne servent pas à entraîner l'outil de RucheLab, qui fournit le logiciel de pseudonymisation et laisse tout sur l'ordinateur du praticien.

Agent 2 : du transcript au bilan

En fin de consultation, François Benavente ouvre une session de Claude Code, lance sa commande de consultation et colle le transcript pseudonymisé. L'outil travaille pendant qu'il passe à autre chose. Le résultat arrive dans sa boîte de brouillons, avec les noms rétablis : un bilan d'une vingtaine de pages, une facture, des fiches qu'il avait rédigées il y a plusieurs années et que l'outil est allé chercher parce qu'elles correspondaient au cas, et le mail d'accompagnement.

« Ce n'est pas automatisé, c'est semi-automatisé », insiste-t-il : tout reste en brouillon, il relit, corrige si besoin, puis envoie. Les relances suivent la même logique, une semaine puis deux semaines après la séance, et l'outil peut préparer des réponses aux questions du client à partir de ce que François Benavente a déjà écrit.

Agent 3 : le second cerveau

Pourquoi le bilan sonne-t-il comme lui ? Parce que l'IA s'appuie sur un second cerveau : des fichiers au format markdown, conservés en local, qui décrivent qui il est, sa voix, sa méthode, et qui rassemblent ses notes et ses bilans passés, pseudonymisés. Dans son cas, plus de 3 000 bilans.

Mathieu Olivier le résume ainsi : les deux éléments qui changent tout dans l'usage continu de l'IA sont le contexte et la mémoire. Sans eux, travailler avec un modèle revient à parler chaque lundi matin à un nouveau stagiaire qui ne sait rien de vous. Avec eux, les schémas, les formulations et la façon de chercher le facteur limitant de François Benavente se retrouvent dans le texte.

Et quand on débute, sans des milliers de bilans ? Selon Mathieu Olivier, ce corpus se construit : vos cours, vos premiers bilans, vos posts, vos newsletters et vos articles donnent déjà une base, et ces fichiers évoluent avec votre pratique. François Benavente rapporte que lors d'un salon, des praticiens débutants lui ont décrit trois à six heures de rédaction pour un premier bilan après une consultation d'une heure trente.

Les points de vigilance soulevés en questions-réponses

  • Le consentement : conditions acceptées à la réservation, case de rappel avant l'enregistrement, et éventuellement une case dédiée dans le questionnaire préalable.
  • L'abonnement utilisé : selon Mathieu Olivier, tous les serveurs ne se valent pas. Les versions gratuites des outils d'IA peuvent réutiliser vos échanges pour améliorer leurs modèles, alors que les offres professionnelles sont encadrées par un accord de traitement des données. Le vrai risque observé reste humain : coller dans un outil des informations qui n'ont rien à y faire.
  • La sécurité du poste : tout étant en local, la protection passe aussi par le verrouillage de l'ordinateur en cas de vol.
  • Les limites actuelles : l'application fonctionne sur un seul ordinateur et sur Mac, une version Windows étant en développement selon RucheLab.

À une question sur l'avenir d'un « robot naturopathe », François Benavente répond par une parabole : le paysan qui reçoit son premier tracteur garde son talent et sa connaissance du terroir, il démultiplie simplement sa force de travail. Chercher l'homme sain derrière le malade restera, selon lui, une tâche humaine.

Et côté Simplycure

En ouverture, Victor Boels, cofondateur de Simplycure, a présenté la même logique appliquée à la recommandation de compléments : une recherche en langage naturel dans le catalogue (par exemple un bisglycinate de magnésium sans vitamine B6), la comparaison des produits proposés, puis l'envoi d'une recommandation multi-laboratoires au patient. Il a aussi montré la synthèse par l'IA des questionnaires d'anamnèse, avec les points d'attention principaux, et l'intégration de Simplycure à Claude et ChatGPT via un connecteur MCP.

Revoir le webinaire

Le replay complet est disponible ci-dessous, chapitré. La seconde moitié est consacrée aux questions des praticiens : entraînement des modèles, consentement et RGPD, analyses en PDF, outils de transcription, construction d'un second cerveau quand on débute, fréquence des relances.

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Questions fréquentes

Comment utiliser l'IA en consultation sans exposer les données de ses patients ?

Dans la méthode présentée par François Benavente et Mathieu Olivier, le transcript de la consultation est pseudonymisé sur l'ordinateur du praticien avant tout envoi vers un modèle d'IA. Une table de correspondance locale remplace les noms par des pseudonymes, qui ne sont rétablis que dans le brouillon final.

Qu'est-ce qu'un second cerveau pour un praticien ?

Un ensemble de fichiers au format markdown, conservés en local, qui décrivent la voix et la méthode du praticien et rassemblent ses notes et bilans passés, pseudonymisés. Ils donnent à l'IA le contexte et la mémoire nécessaires pour rédiger dans le style du praticien.

Faut-il beaucoup de bilans pour démarrer ?

Non selon Mathieu Olivier : les cours, les premiers bilans, les posts, newsletters et articles d'un praticien forment déjà une base, et ces fichiers évoluent avec sa pratique.

Les versions gratuites des outils d'IA conviennent-elles aux données de santé ?

Selon Mathieu Olivier, les versions gratuites peuvent réutiliser les échanges pour entraîner les modèles, alors que les offres professionnelles sont encadrées par un accord de traitement des données. Dans tous les cas, aucune donnée nominative ne devrait être envoyée sans pseudonymisation.

L'IA rédige-t-elle le bilan à la place du praticien ?

Non. Le bilan, la facture et les mails arrivent en brouillon : le praticien relit, corrige si besoin et envoie lui-même. François Benavente parle d'un fonctionnement semi-automatisé.

Ce contenu est destiné aux professionnels de santé et du bien-être. Il reprend les propos tenus par François Benavente, Mathieu Olivier et Victor Boels lors du webinaire Simplycure du 14 octobre 2026 et ne constitue ni un avis médical, ni un avis juridique. Le cadre applicable au traitement des données de vos patients est à vérifier avec votre conseil ou votre organisation professionnelle.

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