Selon Lucrezia Bordi, réduire le cycle aux menstruations en donne une vision incomplète. Il démarre dans le cerveau, via l'axe hypothalamo-hypophyso-ovarien : l'hypothalamus sécrète la GnRH, l'hypophyse la FSH et la LH, et les ovaires répondent par les œstrogènes et la progestérone, avec des rétrocontrôles positifs (pic de LH, ovulation) et négatifs (phase lutéale). L'ovulation est au centre ; les règles sont la conséquence d'un cycle qui n'aboutit pas à une grossesse.
Les hormones clés
Les œstrogènes participent à la maturation folliculaire, à l'endomètre, à la glaire cervicale, à l'énergie, à la libido et à la santé osseuse. La progestérone intervient après l'ovulation : elle augmente la température, stabilise l'endomètre, apaise le système nerveux et favorise le sommeil. La testostérone contribue à l'énergie, à la libido et à la fabrication des œstrogènes via l'aromatase. Un excès de prolactine peut freiner l'ovulation et allonger les cycles.
Les quatre phases et leurs besoins
Phase menstruelle
L'endomètre se desquame, œstrogènes et progestérone sont au plus bas, avec un processus inflammatoire local. Soutien : aliments chauds, simples et reminéralisants, sources de fer (associé à la vitamine C pour le fer végétal), gingembre, petits poissons gras ; en micronutrition, magnésium, zinc, oméga 3, et fer en cas de carence avérée. Des règles très longues, très abondantes ou des douleurs invalidantes ne sont pas une norme et appellent une exploration.
Phase folliculaire
La FSH stimule la croissance folliculaire et l'estradiol augmente. C'est la phase la plus variable : une phase longue évoque une ovulation retardée (stress, maladie, voyage, manque de sommeil). Point clé : des signes d'hyperœstrogénie peuvent venir d'une élimination insuffisante plutôt que d'une surproduction. Le soutien passe par le foie, l'intestin, le microbiote et le transit, l'estrobolome (bêta-glucuronidase) jouant un rôle. Alimentation : crucifères, fibres, graines de lin moulues, bonnes graisses, protéines, œufs, choline, pré- et probiotiques ; micronutrition : magnésium, zinc, vitamine D.
Ovulation
Brève mais parlante : glaire cervicale filante, pic de LH, hausse de la température basale, parfois douleur ovarienne légère, énergie et clarté mentale accrues. Très sensible au stress et à la sous-alimentation. Soutien : alimentation anti-oxydante, protéines de qualité, glucides complexes, bonnes graisses, apport calorique suffisant ; zinc, vitamine D, magnésium, oméga 3 et DHA.
Phase lutéale
Sous domination de la progestérone : l'endomètre se stabilise ; si l'ovulation n'a pas eu lieu, la progestérone reste insuffisante. Le syndrome prémenstruel survient avant les règles (tensions mammaires, ballonnements, fringales, irritabilité). Soutien : vitamines du groupe B, magnésium, calcium, oméga 3, assiettes complètes ; le gattilier est parfois utile en cas de phase lutéale fragile ou de prolactine élevée, avec prudence (nombreuses contre-indications).
SOPK : les axes prioritaires
Trois axes reviennent : la glycémie et l'insuline, l'hyperandrogénisme, et l'hygiène de vie (sommeil, stress, activité physique adaptée). Parmi les compléments évoqués, à doses cliniques et toujours individualisées : le myo-inositol (profils de résistance à l'insuline et d'ovulation irrégulière, parfois associé au chiro-inositol), la berbérine (profils métaboliques), la N-acétylcystéine (profils inflammatoires, stress oxydatif) et le saw palmetto (profils hyperandrogéniques : acné, peau grasse, hirsutisme). En base : vitamine D, oméga 3, magnésium.
Endométriose : douleur, inflammation et terrain
Souvent œstrogéno-dépendante mais aussi très inflammatoire, l'endométriose touche les systèmes immunitaire, neurologique et digestif. Une douleur menstruelle invalidante ne se banalise jamais. Deux profils coexistent souvent : hyperœstrogénique (règles abondantes, SPM marqué) et inflammatoire (douleur, fatigue, troubles digestifs). Axes d'accompagnement : régulation œstrogénique, soutien du foie et de l'intestin, transit, modulation de l'inflammation, soutien de la sensibilité à la progestérone. Alimentation hypotoxique, oméga 3, magnésium, zinc, vitamine D, NAC, curcuma ; PEA et achillée millefeuille parmi les composés évoqués. Le stérilet au cuivre peut aggraver les symptômes chez certaines patientes.
Contraception hormonale et après-pilule
Sous pilule, l'axe FSH-LH est mis au repos et l'ovulation disparaît ; les saignements sont des saignements de privation, pas des règles physiologiques. La pilule peut modifier l'axe digestif et hépatique, le microbiote, l'axe thyroïdien et augmenter les besoins en magnésium et en vitamines B. À l'arrêt, deux enjeux : relancer le cycle (l'aménorrhée post-pilule peut durer plusieurs mois) et reconstituer les réserves. Soutien évoqué : vitamine B6, zinc, sélénium, magnésium, travail du foie, alimentation dense en micronutriments, et plantes comme le gattilier, le maca, le chardon-marie ou l'ortie.
Mettre en pratique avec Simplycure
Pour accompagner le cycle phase par phase et proposer une supplémentation lisible et individualisée, Simplycure réunit en une plateforme les protocoles et les produits de plus de 250 laboratoires. Créez votre compte praticien pour comparer et recommander en quelques clics.


